Faut-il emprunter en 2026 ou attendre une baisse des taux ?
À la mi-2026, les taux des crédits immobiliers tournent autour de 3,3 à 3,4 % sur 20 et 25 ans. Le 11 juin, la Banque centrale européenne a relevé ses taux directeurs pour la première fois depuis trois ans, ce qui referme la parenthèse de la baisse continue. Pour un projet solide et bien préparé, attendre une nouvelle détente devient un pari risqué. Voici comment trancher, chiffres à l’appui.
Combien coûte vraiment un crédit immobilier en 2026 ?
Le taux affiché n’est qu’une partie de la facture. À la mensualité s’ajoutent l’assurance emprunteur, les frais de garantie, les frais de dossier et, si vous revendez ou renégociez avant le terme, un coût notarié que détaille Patrim’Info dans son guide des frais de mainlevée d’hypothèque.
Prenons un emprunt de 200 000 € sur 20 ans à 3,40 %. La mensualité ressort à 1 150 € hors assurance et le coût total des intérêts atteint près de 76 000 €. Sur 25 ans, la mensualité tombe à 991 € mais les intérêts grimpent à plus de 97 000 €. Allonger la durée soulage le budget mensuel. En revanche, elle alourdit nettement la note finale.
La hausse de la BCE de juin 2026 : faut-il s’inquiéter ?
Le 11 juin 2026, la BCE a augmenté ses trois taux directeurs de 0,25 point, son taux de dépôt passant à 2,25 % à compter du 17 juin. C’est sa première hausse depuis trois ans, motivée par un regain d’inflation lié aux tensions au Moyen-Orient et à la fermeture du détroit d’Ormuz.
La répercussion sur les crédits immobiliers n’est pas mécanique. Les barèmes des banques suivent surtout l’OAT 10 ans et le coût de leur refinancement. Attendez-vous donc à une légère pression à la hausse dans les prochains mois, pas à une flambée comparable à celle de 2023. Le tableau ci-dessous resitue le chemin parcouru depuis le point bas.
| Date | Taux moyen (20 à 25 ans) |
|---|---|
| Janvier 2022 | 1,00 % |
| Janvier 2023 | 2,65 % |
| Janvier 2024 | 4,20 % |
| Janvier 2025 | 3,45 % |
| Janvier 2026 | 3,40 % |
Quelle capacité d’emprunt avec les règles du HCSF ?
Le Haut Conseil de stabilité financière a confirmé en mars 2026 le maintien des règles d’octroi. Trois plafonds encadrent votre dossier :
- un taux d’effort limité à 35 % des revenus nets, assurance emprunteur comprise
- une durée de prêt plafonnée à 25 ans, portée à 27 ans pour un achat en VEFA ou avec des travaux supérieurs à 10 % de l’opération
- une marge de souplesse réservée à 20 % des dossiers, à la main des banques
Pour un couple disposant de 4 800 € de revenus nets, l’effort maximal s’établit à 1 680 € par mois, assurance comprise. À 3,40 % sur 25 ans, cela finance environ 320 000 €. Une remontée des taux de seulement 0,2 point rabote cette capacité de près de 7 000 €. Autrement dit, chaque dixième de point compte presque autant que la négociation du prix d’achat.
Faut-il emprunter maintenant ou attendre ?
Notre conviction est nette : pour une résidence principale ou un investissement locatif bien calibré, mieux vaut concrétiser maintenant qu’espérer une détente improbable. On achète une mensualité tenable, pas un taux figé. Si les taux rebaissent un jour, la renégociation ou le rachat de crédit vous permettront d’en profiter, alors que l’attente vous expose à la fois à des taux plus hauts et à des prix qui repartent.
Restez toutefois prudent et ne tendez pas votre budget jusqu’au plafond des 35 %. Gardez une marge pour l’assurance, les travaux et les imprévus. Un apport conséquent et un reste à vivre confortable restent vos meilleurs arguments pour décrocher un taux sous la moyenne du marché.
Questions fréquentes
Les interrogations qui reviennent le plus souvent chez les emprunteurs en 2026.
Les taux immobiliers vont-ils baisser en 2026 ?
Aucun expert n’anticipe de baisse significative. Après la hausse de la BCE de juin, le scénario le plus probable est une stabilité autour de 3,3 à 3,5 %, avec une légère pression haussière selon l’évolution de l’inflation.
Quel salaire faut-il pour emprunter 200 000 € ?
Comptez environ 3 000 € de revenus nets mensuels pour un prêt sur 25 ans et plutôt 3 300 € sur 20 ans, afin de respecter le plafond d’endettement de 35 %. L’assurance emprunteur relève légèrement cette barre.
La hausse de la BCE va-t-elle augmenter mon taux de crédit ?
Pas immédiatement et pas mécaniquement. Les taux de crédit suivent surtout l’OAT 10 ans. La décision de la BCE crée une pression modérée, sans rapport avec la flambée de 2022 et 2023.
Vaut-il mieux emprunter sur 20 ou 25 ans ?
Le 25 ans réduit la mensualité et préserve votre capacité d’emprunt, en contrepartie d’un coût d’intérêts bien plus élevé. Le 20 ans coûte moins cher au total si votre budget l’autorise.
Peut-on renégocier son crédit si les taux rebaissent ?
Oui, par une renégociation auprès de votre banque ou un rachat par un autre établissement. L’opération devient intéressante dès que l’écart de taux dépasse environ 0,7 à 1 point et que le prêt reste jeune.









