En lançant une boîte, l’erreur qui coûte le plus cher est souvent humaine : un mauvais recrutement ou une confiance mal placée, et la dynamique peut vite s’enliser. Les plantages font mal, mais ils sont aussi nos meilleurs formateurs.
Je me souviens parfaitement de ma plus grosse boulette : embaucher dans l’urgence, avec le “feeling”, en toute confiance… et sans process solide derrière. Première mission de conseil en solo, tout s’enchaîne : les dossiers affluent, la charge explose, et je me dis naïvement qu’une amie freelance, super compétente, va tout régler.
Sauf que j’ai tout décidé sur un coup de tête : à peine une ou deux discussions orales, aucune fiche de poste précise, pas de cadre clair sur son rôle, nos méthodes de reporting, ni sur la gestion des priorités. Motivation partagée, confiance totale, je me dis “on verra en avançant”.
Résultat ? Rapidement, les demandes clients s’emmêlent, certaines tâches font double emploi, d’autres sont oubliées, on se marche sur les pieds et la communication vire au sous-entendu. Chacune fait comme elle le sent (ou croit comprendre l’autre)… jusqu’au moment où, face à un client clé, je réalise qu’un livrable attendu n’est ni avancé ni validé – tout le monde croyait que c’était pour l’autre.
Grosse tension, réunion de crise avec le client, crédibilité qui pâlit. J’ai passé le week-end à tout rattraper en urgence, puis à recadrer la mission avec mon associée d’un jour… qui a claqué la porte deux semaines plus tard. Ambiance.
Moralité : le “learning by crashing”, c’est formateur sur le fond… mais sur le coup, c’est rude pour les nerfs et ça peut laisser des traces durables sur la relation client. Depuis, j’instaure des pratiques hyper carrées (fiches de poste, points réguliers, outils partagés), quitte à prendre plus de temps au démarrage.
Mais sans cette claque, je serais sûrement encore à improviser. Les échecs, on veut les éviter, mais clairement, ils nous sculptent – à condition d’en tirer des vrais changements concrets.